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 boustifaille dansant au gré des séquelles ✏ ft. caïn abel elbaz

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Between angels and insects
H. Nicodème T. Bateman
MessageSujet: boustifaille dansant au gré des séquelles ✏ ft. caïn abel elbaz   Mar 25 Déc - 13:26

Première nuit hors de la salle d'isolement. Il était temps. Ils ont enfin capté que je suis spéciale. Que je mérite pas de me faire enfermer comme un vulgaire animal. Ils ont compris que j'étais pas tarée. Que j'avais ma place. Parce qu'au final, si j'suis là, c'est un peu comme pour une désintoxication. Pour moi, j'vais faire mon deuil. Une fois que j'aurai oublié mon ex-mari, ils me relâcherons. Ils me laisseront partir. Parce que je ne suis là que pour ça. J'suis pas là parce que j'suis dingue mais parce que je suis triste. Donc j'fais des choses pas logiques. Et les gens, ils aiment pas les personnes qui sont pas logiques. Les personnes qui rentrent pas dans le moule, ça leur donne de l'urticaire. Moi j'suis pas dingue. J'suis normale. J'suis juste triste. J'ai mon cœur qui est brisé parce que mon mari est mort. Il était tellement étrange. Lui, il avait un pet au casque. Lui il était pas normal. Mais je l'aimais. Je l'aime toujours même. Mais tout était de sa faute de toute façon, quand il est mort. Et il m'a déçue. Tellement déçue que j'l'ai mangé. J'me sentais plus bien avec lui et il était tellement étrange qu'il m'a fait peur. Et moi, c'que j'comprends pas, c'qui me fait peur, j'le mange. Mais il était bon. Un morceau de choix. J'y pensais pas au début, quand on baisait, qu'il pouvait être aussi bon, mais quand je l'ai vu étendu sur le sol, j'ai pas pu lui résister. Il était tellement beau, sanguinolent, mort. J'pense que c'est parce que j'l'aimais que j'l'ai trouvé plus bon que les autres. Sa chair était juste indescriptible. Je n'aurai jamais pu imaginer avoir meilleur festin. Mais c'est fini maintenant. Son corps est sous terre et je ne le verrai plus jamais. Je peux même pas aller pleurer sur sa tombe désormais vu qu'je suis enfermée avec tous ces dingues.

Les larmes me coulent sur la joue. J'ai du mal à repenser à lui, à tout ce qu'il m'a fait. C'était un enfoiré de toute façon. Je suis assise, dans ma chambre, à côté de la fenêtre à regarder le ciel. «Bon. La pleurnicharde, tu vas arrêter d'chialer et m'laisser la place!» Le ton froid qu'emploie cette jeune fille ne me met pas en joie et me tire de mes pensées. Elle a une voix dégueulasse. Je me tourne vers elle et la regarde de haut en bas. Mastoc. Un sacré morceau. Je sèche mes larmes, me lève et attache mes cheveux en queue de cheval sans même daigner lui répondre. La grosse vache me prend par le bras et me plaque contre le mur «T'as entendu c'que j'ai dis, espèce de tarée ?» Avec une vitesse impressionnante, je pose ma main sur la sienne et enfonce mes ongles dans celle-ci. Moi, tarée ? «Ecoutes-moi bien, vieille pute, la prochaine fois que tu m'parle, j'te défonce le crâne avec une chaise.» Elle se retourne vers une de ses copines qui sont plantées non-loin de cette dernière et se met à rire. «Répète un p//» Elle n'a même pas le temps d'ouvrir sa gueule que je lui ai retourné le siège sur le crâne. Elle gueule. Je frappe. Le sang gicle. Je suis calme. Je lui fend le crâne en tapant le plus fort possible puis arrête, toujours calme. Au moment où je sens qu'elle va trépasser, je remet la chaise droite tout en prenant soin de déposer l'un des pieds en bois sur son crâne ensanglanté. J'appuie fort mais pas assez pour la tuer. Je lui crache un mollard bien dégueu sur le visage et balance le siège à l'autre bout de la pièce avant de me casser de celle-ci. Quelle pute. Encore une taré avec un sacré pet au casque. Avec le dos de ma main, je m'essuie partiellement le visage tout en me dirigeant vers le réfectoire. Je me lèche la main et observe le monde qui fait la queue pour avoir leur pitance.

Putain. Sacré bordel. Il y a au moins vingt-cinq ans de file d'attente juste pour avoir de leur bouffe dégueulasse. Néanmoins, je crève la dalle. Je me pose derrière une meuf anorexique qui tient une petite croix au creux de sa main et un gros gars barbu arrive juste derrière moi. Sans aucune expression, j'avance au rythme de la file. J'éternue. La meuf chétive se retourne et me dit «A tes souhaits.» Du tac-o-tac je lui répond : «Ta gueule.» Elle fronce les sourcils et observe le sang qui m'a giclé sur le visage. «Dieu ne t'aime pas, toi.» Elle me pointe du doigt en tremblant légèrement. Pour qui elle se prend, cette pute ? «Personne m'aime, salope. Et personne ne t'aime non plus. T'es trop conne. T'es trop folle. T'es horrible. Dieu, il veut pas de toi, t'es une moins que rien. Une chiasse qu'on aurait pas recouvert. je crache J'ai envie de gerber rien qu'à te regarder. Va mourir.» Au fil de mes paroles, elle commence à se mettre à pleurer. Putain de journée de merde. Elle se tape la tête contre le mur. Je me met à rire. Elle se tape de plus en plus fort. Je ris de plus belle. Deux infirmiers arrivent et l'emmènent vers l'infirmerie en lui disant de se calmer. Un d'eux se retourne vers moi et me dis «Tu ne perds rien pour attendre, Nicodème.» Je continue à pouffer doucement et arrive au niveau des plateaux. Aujourd'hui c'est steak grillé et petits-pois. Je fais signe au cuisto de m'en donner le plus saignant de tous leurs bouts de viande et très peu de légumes. Les légumes, peu pour moi. La viande, j'aime. J'essaie de retrouver les goûts de la viande humaine dans chaque morceau de bidoche que j'arrive à manger. Mais ce n'est pas une mince affaire. Mais j'aime quand c'est saignant. Ca c'est clair est net.

Une fois servie -j'ai réussi à avoir deux steaks et quelques petits pois- je part à la recherche d'une table. Une bonne flopée de malade mentaux se lèvent de leur chaises, et laissent derrière eux une longue table blanche, toute propre et vide. Je saisis l'occasion et m'installe, moi et mon plateau. Face à la mer l'entrée afin de pouvoir bien observer les gens. C'est que je connais que peu de personnes ici. Les seules personnes que j'ai vraiment croisées c'est les aides-soignants qui essaient tant bien que mal à me maitriser lors de mes légères sautes d'humeur. Alors les patients, le peu qui viennent me parler, je les rembarre donc, pour le coup, je n'ai que peu de relation. De toute façon je n'en ai pas besoin, de relation. Je vis très bien toute seule. Quand on voit ce que ça m'a apporter. A part de bon repas, quedal. De la souffrance. De la peine. Putain. Pourquoi on a ce constant besoin de discuter, moi ça me saoule. Alors je suis installée, là, toute seule et ça me va bien. Seulement, il me manque de la distraction. Secrètement et sans réellement me l'avouer, le contact me manque et je prie sans le vouloir pour que quelqu'un d’intéressant vienne me voir. Mais ça, ça va se passer. C'est sur. Certain. Les fous sont tous curieux et viennent même parler à ceux qui ont mauvaise réputation parce qu'ils sont pathétiques et qu'ils ont besoins d'être rassurés, d'êtres entourés pour qu'ils n'arrivent pas au point où ils comprennent que leur folie ne peut être annulée. On est fou ou on l'est pas. Moi j'le suis pas. Si j'suis là, c'est qu'une erreur. Une simple erreur.
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Caïn A. Elbaz
MessageSujet: Re: boustifaille dansant au gré des séquelles ✏ ft. caïn abel elbaz   Mar 25 Déc - 19:26


La période de Noël était plutôt positive. J’aimais bien cette ambiance de folie qui y régnait –surtout dans un asile psychiatrique. Les gens se prenaient pour le père Noël, pour les rennes ou même les lutins mais surtout, nous pouvions nous éclipser pendant que les employés gèrent des crises de folie de part et autre du réfectoire. Donc c’est pour cela qu’aujourd’hui était une bonne journée. La Voix était calme, elle ne me parlait plus. Les médicaments de cet endroit me faisaient effet, apparemment, et tout allait mieux à cet instant T. J’oubliais parfois que j’avais voulu crucifier mon petit frère au bout d’une croix, et que je m’étais amusé à lui arracher la peau des bras petit à petit. J’avais essayé d’être le meilleur grand frère au monde jusqu’à ce jour pourri où la Voix du Diable m’avait fait comprendre que j’étais juste un animal avide de chair fraîche. Pourquoi n’avais-je pas résisté comme j’arrivais à le faire à l’heure actuelle ? Je n’étais plus assez fort pour contrôler mes pulsions, mais je pouvais faire taire Satan qui me dictait mes mouvements et mes choix. Cela faisait trois jours qu’elle me laissait en paix pour mener une vie calme, tranquillement joyeuse. Les séances de psychanalyse et la médecine m’aidaient à maintenir un état de vie stable, que jamais je n’avais pu avoir auparavant. Bien entendu, ce n’est pas parce que c’était Noël que j’avais envie de crier mon bonheur mais seulement parce que j’avais pu me réconcilier partiellement avec Mary. Elle était là pour moi, quoiqu’il arrive, et je l’avais envoyé chier avec une force sans précédent. Et elle était quand même revenue me voir pour me montrer que ce n’était pas si grave, et qu’elle m’aimait toujours. Je n’étais plus en couple avec mais mes sentiments étaient d’autant plus extrême qu’auparavant. Elle était calme quand elle me voyait, et mon hyperactivité s’apaisait, heureusement. Combien de fois avais-je tenté de la détruire sous les ordres de la voix ? Un bon nombre, incalculable car trop de ratage. Encore heureux que je n’avais pas pu la tuer. Je pense que je me serais flingué juste après. Quelle douleur…

L’histoire de Caïn et Abel était ma préférée. Ce frère qui avait tenté de crever son cadet par jalousie se rapportait à ma propre histoire. Mes parents avaient été très humoristiques à m’appeler Caïn Abel. Un signe du destin ? Un message pour mon avenir ? Je n’en doutais pas. Chaque passage de l’histoire me rendait presque jouissif « Le temps passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en offrande à Yahvé, et qu'Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de son troupeau, et même de leur graisse. Or Yahvé agréa Abel et son offrande. Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu. Yahvé dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ? Cependant Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. » Je pouvais lire l’histoire durant des heures. Moins de dix lignes de plaisir qui me démontrait mon histoire sous un aspect biblique.

Je rentrais dans le réfectoire pour trouver une place, et je vis une jeune femme toute seule. Elle avait une tête squelettique, blondasse, maigre, bonne, sexy, mais tout me disait de partir en courant. Mes jambes s’apprêtaient à faire demi-tour quand d’un coup « Caïn… Mon chéri… Embrasse l’idée que tu aimes te torturer… Et va la voir. Son prénom c’est… pourquoi ne le demanderais-tu pas à la personne concerné ? » je fronçais les sourcils, et je massais ma tempe. Je ne pouvais me permettre de céder à cette saloperie de voix. Je respirais lentement, en posant mon plateau à la table de mon ami Edern, mais elle hurlait. Elle hurlait des insanités pour me faire bouger de cette chaise et m’installer à la table de la petite femme, mais je résistais. Elle me faisait voir des folies pour que je bouge. Je résistais. « Bouge ton cul, ELBAZ. » Je résistais. Elle me donnait envie de mourir. Je résistais. « Tu crains quoi ? Qu’elle te bouffe ? Il y a des employés tout autour. » Je lâchais prise, et je posais mon plateau devant celui de la fille. Je relevais la tête, pour lui adresser la parole. « Caïn. J’entends Lucifer. Ici. » Et avec mon couteau, j’approchais sa pointe de ma tête, pour montrer l’endroit de ma torture.

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H. Nicodème T. Bateman
MessageSujet: Re: boustifaille dansant au gré des séquelles ✏ ft. caïn abel elbaz   Mar 25 Déc - 20:40

J'me fais chier. Royalement. Pas juste comme ça, comme pourrait se faire chier quelqu'un qui attends une autre personne pendant cinq minutes ou un élève qu'est obligé d'aller au planétarium avec sa classe, non. J'me fais chier à un point assez énorme. Je m'amuse à appuyer le plus possible sur ma viande pour en faire émaner le sang. Oh putain. Le jus est presque entièrement sorti, laissant la viande toute sèche. Je sens les frissons et l'excitation monter en moi. C'est jouissif. Comme des flashs qui se présentent à moi, je revois la viande -humaine- cuire sur le feu et tout ce sang. Tout ce sang qui ne cesse de couler. Le contact de la viande est comme une masturbation pour moi. Un réel plaisir. Les visions qui me font vibrer, tout ça, c'est là. C'est résumé en un morceau de barbaque. Pour les autres c'est peut être pas grand chose, c'est peut-être juste de la nourriture. Mais pour moi, c'est bien plus. C'est de l'émotion condensée. C'est du plaisir à l'état brut. Je relève ma tête et parcours la salle du regard. Putain, je vois des gens se gaver et d'autre regarder leur plat comme si c'était de la merde. Ils peuvent pas ressentir ce que j'ai. Ils connaissent pas. Ils ont peur. C'est pour ça qu'ils flippent devant moi, c'est qu'ils me comprennent pas. Pour moi, la viande humaine, c'est mieux que la baise. C'est mieux que tout. Néanmoins, comme elle est moins répandue dans les boucheries, je me contente de porc, de bœuf, de poulet. Mais c'est de la même famille pour moi. Donc j'en retire tout de même autre chose qu'une simple consommation pour survivre.

Un frappadingue passe devant moi avec son plateau. Je ne le remarque pas tout de suite parce que, pour moi, c'est juste un connard comme un autre. Mais au bout de quelques instants il se pose devant moi. D'abord son plateau, puis son cul. Et quel cul. «Caïn. J'entends Lucifer. Ici.» Il pointe sa tempe avec son couteau. Je lève un sourcil et le regarde longuement. C'est qu'il est beau ce con. Sacrément beau. Il est bien foutu, oh oui putain. Il est trop seks de la mort. Mais c'est un fou, et moi j'parle pas aux fous. Surtout qu'celui là, bah ça m'dit quelque chose son nom. Ah mais oui, putain. C'est mes enfoirés de parents qui m'ont parlé d'un Caïn et d'un Abel. D't'façon, j'm'en foutais royalement donc j'écoutais pas. J'les écoutais jamais, mes parents. Ils étaient tellement cons que c'était pas croyable. J'suis pas une putain de pieuse moi, j'crois juste en moi. Si ça se trouve il a eu les même genre de parents que moi et c'est pour ça qu'il a viré dingo. Mais pourquoi il me parle de Lucifer d'abord ? C'est l'diable Lucifer ? Comment ça il l'entends dans sa tête ? Il y a vraiment des gens qui ont un réel problème mental. Heureusement que je suis pas comme eux. C'est là que je me demande ce que je fous ici, parmi tous ces dingos. Bref, on s'éloigne encore du sujet. Quoi qu'il en soit, tous les deux, on vient d'la bible. «Nicodème. Disciple de Jésus.» Avec la pointe de mon majeur je pointe le ciel -oui les gens appellent ça le doigt d'honneur mais c'est moche de dire ça. puis je redescend la main. Putain c'que j'suis vulgaire des fois. Et après j'me plaint que j'ai pas d'relations.

Soudain, mon agressivité tombe d'un seule coup. Étonnamment et sans m'en rendre compte, ma curiosité et une gentillesse folle me revient. J'affiche un grand sourire et toutes mes mésaventures d'aujourd'hui disparaissent de ma mémoire. Je lui prend la main, le tire vers moi pour qu'il s'approche et me penche vers lui «Lucifer, faut pas l'écouter, il est un peu dingue.» La compassion me gagne, cette espèce de douce sensation quand on souhaite réellement aider quelqu'un «Il faut que tu sois fort. Plus fort que lui.» mais alors que je tiens sa main, mes doigts touchent comme des petites encoches sur le poignet de mon nouvel ami. Mes yeux deviennent ronds comme des billes. Pendant quelques secondes je reste avec sa main dans la mienne, totalement déconnectée du monde. Plus rien ne peut me sortir de mes pensées, c'est comme un immense tunnel que je dois passer. Il pourrait y avoir un incendie dans l’hôpital ou une explosion nucléaire, à part le temps, rien ne peut me tirer de ce bug intersidéral. Putain. Je reprends mes esprits. Frisson dans le dos. Je retire ma main de la sienne très rapidement et le regarde pendant quelques minutes dans les yeux -sans cligner sinon c'est pas drôle. Ce putain de beau gosse de la mort a des putains de belles cicatrices de la mort qui tue et qui arrache des huitres. Je me mordille la lèvre inférieure et tente de reprendre mes esprits. C'est pas possible. C'est pas vrai que je puisse fantasmer sur des cicatrices ...

Frénétiquement, je me saisis de mes deux steaks et les avale sans retenue puis prend mon assiette et bois le sang qu'elle contient. Ses cicatrices ont éveillé mes sens. Je n'aime pas être aussi radicale, mais je veux bouffer. Je veux sentir de la chair humaine entre mes dents. Le goût du sang. Je suis en manque. Clairement. Je me mets à trembler et je me griffe frénétiquement les épaules, comme pour me réchauffer. La voix tremblante et totalement excitée, je me penche vers Caïn. «Tu ... je me lèche les lèvres. Ces ... ces cicatrices, je ... je reprends ma respiration. Dis, je peux les ... les toucher ?» Il me faut sentir cette violence qui émane de ces coupures. Tout ce sang qui a pu en sortir. C'est jouissif. Je suis en pleine extase. Il faut qu'il me laisse les voir. Les observer. Les lécher. Il faut que j'entre en communion avec. Que je comprenne tout. Que je vois le nombre de points qui ont été fait. La cicatrisation qui a été faite. Je veux tout savoir. Étudier son cas. Pourquoi ? Ce n'est pas de simples coupures au rasoir sur les poignets comme chez les putains de dépressifs pathétiques qui se baladent dans cette hôpital de merde. Non, c'est bien plus. Elles ont une histoire, ça se voit. Il y a une raison derrière tout ça. Je tremble, je suis en extase. Les cicatrices, moi, ça m'excite, ça m'affole. J'aime sentir cette douleur. Parce qu'au fond, c'est une marque qui reste à vie. Une marque qui traduit une certaine souffrance. Qu'elle soit petite ou grande, elle est là. «S'il te plait, Caïn. une voix douce, presque sensuelle. Laisse moi voir ...»
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Caïn A. Elbaz
MessageSujet: Re: boustifaille dansant au gré des séquelles ✏ ft. caïn abel elbaz   Mar 25 Déc - 22:05


N’être plus qu’une poupée de glace au fond d’un placard qu’un enfant aurait oublié. Sentir la solitude nous ronger de l’intérieur comme un rat qui creuse l’estomac de ses compagnons. Ancrer la peine dans chacun de nos pores pour espérer que la douleur veuille bien s’échapper un jour ou l’autre. Enterrer dans un cimetière imaginaire les maigres souvenirs que nous avions pu nous forger au fil des années passées hors de cet asile psychiatrique et efface avec honte un passé révolu. Inventer un nouveau sens au mot « survivre » quand tu es enfermée dans une cellule de haine, pour enfin comprendre ce que le mot « vivre » signifie. Rester habiter dans un monde sinistre où l’humain n’a plus sa place quand la nature décide son sort. Prendre une inspiration par le nez, sentir ses poumons se gonfler, mais se brûler la gorge à inhaler des odeurs polluées, mais recracher le dioxyde de carbone par la bouche, et finalement remarquer que tu étais en train de fumer une cigarette. Commencer à prendre conscience de la chaleur des autres, de leur aura et de leur présence totalement inutiles. Sentir son âme partir à chaque instant de sûreté, quand tu te croyais en sécurité derrière les barreaux de la folie, et ces habits blancs que tu portes.

Je ne pouvais pas l’apprécier. Enfin… nos personnalités n’étaient pas compatibles. Elle était un envoyé de Dieu, et moi un envoyé du Diable. Nos âmes étaient l’exact opposé de ce qu’on attendait de nous. Entre Enfer et Paradis, c’était les Anges qui détruisaient tout. Des soldats du grand Patron. Nous étions les deux moitiés d’une unique entité, nés pour s’entre-tuer. Son prénom ne m’inspirait aucune confiance. Un disciple de Jésus quand j’étais celui de Lucifer. Quel élégance, quel classe quand on sait que les deux ne peuvent que se haïr. « Toi et moi. On ne va pas s’entendre. » Mes expressions du visage devaient trahir mes intentions, car malgré tout, j’avais beau être présent physiquement, je ne voulais que déguerpir. La voix m’ordonnait de la toucher, de la caresser, de la frôler de l’embrasser. Mais je ne pouvais m’y résigner. Ce n’était pas dans mes habitudes de parler aux inconnus. « Elle est juste là. Juste en face de toi. Parle-lui. Sois ami avec elle. » Je secouais la tête, et je fermais les yeux. Je me rappelais d’une phrase que la Voix m’avait dite lorsque j’avais tenté d’assassiner mon petit frère. Pendant que je nettoyais le couteau ensanglanté de l’hémoglobine d’Arthur, les yeux fous, presque révulsés, Satan m’avait dit « Tu auras droit à un accès dans ma demeure, si tu me donne le cœur de ce jeune enfant. » et je l’avais cru. J’avais été persuadé que si je tuais mon frère, je pourrais rendre visite à mon ami de toujours : le Diable. Nicodème me regardait fixement, essayant de me rassurer sur la voix que j’entendais à longueur de journée. Elle était bienveillante, mais cela cachait une perversion derrière ses yeux ancrés dans les globes oculaires. Elle mentait. C’était la pire menteuse que je connaissais. Elle ne voulait pas me consoler mais juste chercher à me détruire.

Je pris une gorgée de mon verre d’eau, et je le bus cul sec, puis, poussant sur mes pieds, je pris d’une main mon plateau pour me lever. Et elle attrapa ma main. J’étais en sueur. Cette femme m’intriguait, mais me terrifiait. Elle prenait mes mains, et j’avais l’impression qu’elle me les explosait rien que d’un toucher. Il fallait que je me libère de son emprise, mais le Diable me répétait qu’il fallait que reste ici. Je ne pouvais pas bouger de mon siège, j’avais l’impression que mon cul était collé à ce dernier sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Mes doigts brûlaient de plus en plus, et mon estomac piquait, comme si des millions d’araignées venaient y pondre leur nid. Mon cerveau me faisait mal, je sentais mes temps tambouriner. Etait-elle en train d’aspirer mon esprit ? J’en avais bien peur, mais je résistais tant bien que mal. J’essayais de retirer ma main de son emprise, mais elle m’en empêchait. Elle avait une force qui me bouffait les entrailles, et j’avais beau tout tenté, j’étais prisonnier. Je ne voulais pas qu’elle touche à mes cicatrices. Je m’étais arraché ces bouts de chair avec les dents, essayant de me nettoyer de la peine fraternel que j’avais subi. J’avais pris des couteaux de boucher, des fourchettes, des tournevis et ma propre dentition pour déchirer ma peau. J’en avais été satisfait jusqu’à finir à l’hôpital. Mary avait appelé les pompiers quand elle avait vu que j’étais inconscient. Heureusement. Mais j’avais eu la tristesse de finir dans ce putain de trou à rat. Mais aujourd’hui était un autre jour. Elle touchait mes cicatrices avec une passion dévorante. Ses yeux pétillaient, ses lèvres brillaient comme si elle salivait. Mais qu’est ce que cela signifiait ? Je ne voulais sûrement pas le savoir. Quant à ce qu’elle me demandait, devrais-je répondre ? « Oui, répond-lui. Elle ne te mangera pas. Enfin… Je ne crois pas. » Ta gueule, toi. Je ne t’ai pas demandé ton avis. Ca fait trois jours que tu as disparu de la circulation et tu reviens à la charge juste aujourd’hui où je me sens en forme ? Bâtard. Va crever. Je te hais. Je relevais la tête vers Nicodème et je me penchais vers elle, en arrachant mon bras de son emprise. Mais ses ongles s’étaient plantés dans ma chair, et des traces de sang apparurent par-dessus mes cicatrices. Lui répondre ne serait pas sans risque, mais je tentais le Diable –réellement ? Le Dieu, quand même. « Ne me touche pas. » Les cicatrices allaient du coude, à la base du poignet, d’une forme étalée, étoilée. Elles ressemblaient à diverses explosions atomiques. Elles étaient belles. Je n’en étais pas fier, mais elles étaient magnifiques. Je plantais mes yeux dans son regard, pour la fusiller, l’assassiner, mais ce n’est que de la douceur qui passait entre nous deux. « C’est ici que tu as décidé de rendre ton salut ? »
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H. Nicodème T. Bateman
MessageSujet: Re: boustifaille dansant au gré des séquelles ✏ ft. caïn abel elbaz   Mer 2 Jan - 18:34

Mais qu'est ce qu'il peut bien foutre là si il sait qu'on va pas s'entendre. Moi j'cherche pas des moises aux gens mais si c'est lui qui vient en chercher, il va en trouver. Non mais c'est pas croyable qu'il y ait des personnes comme ça. Quel con. Je lève un sourcil et lui claque «Bah qu'est-ce que tu fous là, pauvre con ?» Désagréable ? On peut le dire. Je ne suis pas le genre de personne qu'on fait tourner en bourrique. Je vois pas ce qui l'a poussé à arriver jusqu'à moi. J'ai rien demandé à personne. J'bouffais tranquillement mes steaks et il est venu m’aguicher avec ses cicatrices. Faut pas être con pour m'énerver comme ça. J'arrive pas à y croire. Où va le monde, bordel ? Ce gars n'a rien d'autre à foutre de sa vie que de me faire espérer en voyant ses coupures ? Il y a vraiment des fous dans cet hôpital de mes deux. J'ai l'impression d'être la seule personne un temps soi peu sensée dans ce trou à rat. Entre les gens qui gerbent partout, ceux qui se prennent pour des pharaons et ceux qui viennent te parler pour te jeter après, j'me sens un peu seule. Après tout, c'que j'ai fais, c'est pas si grave que ça et puis ça se voit pas. Les gens ne savent pas tout de suite, en me voyant, que je suis veuve. Si j'fais mon deuil ici c'est que j'ai pas eu le choix. Ils m'ont lâchée dans la cage aux lions comme une vulgaire gazelle.

Lorsqu'il retire sa main de la mienne, mes ongles se plantent dans sa chair et du sang commence à couler. Mes yeux s'ouvrent en grand. Mes pupilles se dilatent. L'excitation monte. Bordel. J'ai l'impression d'être un requin face à un cadavre dégoulinant. J'ouvre la bouche et pousse un soupir. Quelques gouttes tombent sur la table. Dans ma tête j'entends comme le chant des anges et le temps semble s'être arrêté. Le sang. Le beau sang. Le rouge qui forme une goutte si parfaite, si ronde. Puis les autres gouttes qui tombent. Je regarde mes mains légèrement ensanglantée et part au paradis. Je me lèche les babines et passe ma tête en arrière en me demandant si ce que je suis entrain de vivre n'est pas un rêve. C'est fou ce que quelques gouttes peuvent me donner comme effet. Je ne comprends pas comment les gens arrivent à résister à cette envie. Parce qu'au final, on est tous des bêtes. Tous attirés par ce qui ce mange, ce qui à l'air bon. Et le sang, c'est l'extase. La chair, c'est l'extase. Après avoir reposé mon regard sur mes ongles rougeoyants, je me met à les lécher avec passion. Nom de dieu. Je suis au paradis. Après avoir absorbé la moindre particule d’hémoglobine présente sur ma peau je me penche sur la table et me met à sentir les quelques gouttes qui sont tombées récemment. Je lève mon regard vers Caïn et lui murmure «N'est ce pas exquis ?» Sans attendre de réponse, je me met à laper frénétiquement la table jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune trace de rouge dessus.

«Ne me touche pas.» Enfoiré. «C'est ici que tu as décidé de rendre ton salut?» Putain mais qu'est ce qu'il me raconte, ce con. Dans son regard il n'y a que la haine qui passe, mais au final, il me parle comme si j'étais son amie, sa confidente. Il a un pet au casque, c'est sûr. Mais cette douceur, au fond de moi, j'en ai besoin. Je le regarde pendant un long moment dans les yeux. Les larmes me montent et je ne cligne pas. Je ne sais pas ce qu'il y a entre nous, mais c'est étrange. C'est comme s'il me détestait et m'adorait en même temps, un peu comme moi, au final. Je déteste tout le monde, mais ces cicatrices... ces cicatrices ont une histoire. Elles ne sont pas ordinaires. Elles ont été travaillées, elles sont magnifiques et ce jeune homme m'intrigue. Alors que je n'ai qu'une envie : me casser, je reste collée à mon siège. Il y a quelque chose de dangereusement étrange dans son regard. Il semble totalement perdu et en même temps tout à fait sûr de ce qu'il veut. Mon salut ? Je ne connais pas ce mot. Inconnu au bataillon. Pas que je ne sais pas ce qu'il signifie -quand on a des parents ultra-catholiques on baigne dedans- mais que je sais qu'il ne me sera jamais accordé. Parce que je n'ai rien fait de toute façon. Je suis innocente. «Quel salut ?» dis-je naïvement. Je ne vois pas ce que j'ai fait de mal. Le salut, je l'ai déjà. Je suis parfaite.

Puis, après quelques seconde, j'avoue : «Je suis en deuil, Caïn.» Je ne sais pourquoi j'ai une folle envie de lui parler. Il m'intrigue au plus haut point et ce n'est pas tout les jours que ça arrive. «Mon mari est mort.» Les mots sortent tous seuls. Mes yeux quittent les siens et se posent sur ses bras. Encore une fois, je me lèche les lèvres sans m'en rendre vraiment compte. Cette passion qui m'anime, je ne peux la retenir. C'est surement la raison pour laquelle j'ai cette envie de lui parler. Peut-être que c'est parce que j'espère secrètement qu'il y aura un accord "confidence pour confidence" et qu'il m'expliquera ce que font ces magnifiques séquelles sur son bras. Mes actions, mes paroles, je ne les contrôle pas. Je ne les ai jamais contrôlées. Elles sont régis par mon instinct. Un instinct presque animal avec une passion dévorante pour la viande et le sang. Je ne sais pas d'où ça me vient, mais c'est là. C'est ce qui me maintient ici, à cette table, avec cet homme qui entend le Diable en personne. Pourquoi resterai-je si je n'avais pas envie d'en savoir plus sur lui ? J'analyse, et en général, je détruis. Mais lui, ce n'est pas de la haine qu'il me fait sentir mais plutôt de la passion. De la passion pour son histoire que je ne connais pas encore et que je ne connaîtrais probablement jamais. Je suis fascinée. Envoutée. Je ne lâche pas ses bras des yeux.


nicoco a écrit:
désolée pour le temps extrêmement long que j'ai pris pour écrire cette réponse d'une qualité plus que discutable.
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boustifaille dansant au gré des séquelles ✏ ft. caïn abel elbaz

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